Un projet qui met en danger les commerces de Moorea
Le projet Carrefour à Maharepa soulève un enjeu autre majeur : la concurrence. Sur une île comme Moorea, où le marché est restreint par nature, l’arrivée d’un acteur dominant peut avoir des conséquences profondes et durables.
Une décision historique de l’Autorité Polynésienne de la Concurrence
Le 12 septembre 2022, l’Autorité Polynésienne de la Concurrence (APC) a pris une décision exceptionnelle : interdire l’implantation du Carrefour de Maharepa. Cette décision reposait sur un constat clair : le projet présentait des risques concurrentiels élevés, susceptibles d’évincer les concurrents existants.
Une domination excessive du marché
Selon l’analyse de l’APC, le Groupe Wane aurait atteint :
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75 à 85 % du marché des supermarchés à Moorea,
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70 à 80 % du marché des magasins à enseigne,
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jusqu’à 50 % de l’ensemble des commerces, tous secteurs confondus.
Dans certaines zones de proximité, le groupe serait devenu ultra-dominant, avec des concurrents relégués à des parts marginales, souvent inférieures à 15 %.
Moins de concurrence, plus de risques
Une telle concentration entraîne mécaniquement plusieurs risques :
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disparition progressive des petits commerces,
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réduction du choix pour les consommateurs,
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affaiblissement du pouvoir de négociation des clients,
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capacité accrue d’augmenter les prix, faute d’alternative crédible.
Contrairement aux idées reçues, une situation de quasi-monopole ne garantit pas des prix plus bas. Elle favorise au contraire un déséquilibre durable du marché.
Des projets concurrents découragés
L’APC a également souligné que l’implantation du Carrefour de Maharepa rendrait économiquement non viables d’autres projets pourtant autorisés, comme Painapo Market ou Happy Market.
Résultat : au lieu de stimuler la concurrence, le projet la bloquerait, empêchant l’émergence de nouvelles offres plus diversifiées et adaptées à l’île.
Un enjeu qui dépasse le simple commerce
Les commerces de proximité ne sont pas seulement des points de vente. Ils participent à :
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la vie économique locale,
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l’emploi,
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le lien social,
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la résilience de l’île.
Fragiliser cet écosystème, c’est affaiblir Moorea dans son ensemble.
Pourquoi la population doit se prononcer
Le projet Carrefour de Maharepa ne pose pas uniquement la question d’un nouveau magasin. Il interroge le modèle de développement économique que nous souhaitons pour Moorea.
➡️ Une économie diversifiée, équilibrée et résiliente, ou un marché concentré entre les mains d’un seul acteur ?
C’est pour cette raison que la parole citoyenne est essentielle aujourd’hui.

